Le Triomphe de Kerri Einarson au Championnat du Monde de Curling à Calgary

James Dawson
10 Min Read

Les cris de joie des écoliers ont résonné contre les murs du Centre d’événements WinSport cette semaine alors que Kerri Einarson du Canada maintenait sa série de victoires. Son équipe a décroché sa cinquième victoire consécutive au championnat du monde féminin de curling avec une victoire décisive de 9-6 contre l’Italienne Stefania Constantini. Mais le chemin vers la victoire n’a pas été aussi lisse que la glace sous leurs pierres.

Einarson a pris une décision audacieuse pendant la pause du cinquième bout que bien des skips hésiteraient à prendre. Elle a échangé sa pierre problématique pour celle d’une coéquipière après avoir remarqué qu’elle restait constamment courte sur ses tirages. Ce genre d’ajustement en plein match demande à la fois de la confiance et de l’humilité, deux qualités qui définissent les curleurs championnes. La décision s’est avérée payante alors que le Canada maintenait son dossier sans défaite et la première place solitaire au classement.

Jouer leur première partie matinale a apporté des défis inattendus pour l’équipe canadienne. La chaleur printanière à l’extérieur a transformé le lieu en quelque chose qui ressemblait plus à un sauna qu’à une patinoire. Ajoutez des dizaines d’étudiants excités qui créent de la chaleur corporelle et du bruit, et vous avez des conditions qui peuvent jouer des tours au comportement des pierres. Einarson a décrit la glace comme étant « pathy », un terme de curling qui signifie incohérente et collante par endroits.

Les fluctuations de température ont créé des couloirs difficiles sur la surface de glace. Les pierres glissaient en douceur dans les trajectoires bien tracées mais ralentissaient soudainement quand elles déviaient de ces chemins. Einarson s’est fait prendre par ces variations à plusieurs reprises avant de faire son changement de pierre. C’est le genre de problème qui n’apparaît pas dans les faits saillants mais qui sépare les bonnes équipes des grandes.

Le Canada trône désormais seul au sommet avec une fiche parfaite de 5-0. La Suisse suit de près avec 5-1 après avoir arraché une victoire de 11-9 contre le Danemark lors de la session d’après-midi. Le Japon se maintient à 4-1, tandis que la Corée du Sud s’est améliorée à 4-2 en démolissant la Turquie 12-7. Le paysage compétitif change presque d’heure en heure alors que les équipes se battent pour le positionnement des séries.

Le vrai drame s’est déroulé au huitième bout quand tout était en jeu. À égalité 5-5, l’Italie avait une belle occasion de faire basculer l’élan de son côté. La vice canadienne Val Sweeting a raté une tentative de double mince qui aurait donné trois points à son équipe. Mais la troisième italienne, Giulia Zardini Lacedelli, est arrivée trop forte sur son tirage de réponse, donnant à Sweeting une deuxième chance inattendue.

Sweeting n’a pas gaspillé le cadeau. Sa deuxième tentative a trouvé sa cible parfaitement. Quand le tirage de Constantini a frotté contre une autre pierre au lieu de trouver de la glace propre, Einarson faisait face à un coup pour quatre points. Sa pierre tireuse a roulé après l’impact mais a attrapé le bord des cercles juste assez pour compter. Ce seul bout a fait gonfler l’avance du Canada à 9-5 et a effectivement mis fin au match.

La deuxième Shannon Birchard a résumé le moment avec une sobriété typique. Obtenir une deuxième chance sur un coup crucial contre une compétition d’élite est rare. Rater deux fois serait presque inexcusable à ce niveau. Les Italiennes n’ont réussi qu’un seul point au neuvième bout avant de concéder la défaite.

Constantini mérite d’être saluée d’être même compétitive après une séquence épuisante. L’Italienne de 26 ans a récemment remporté le bronze olympique en double mixte avec Amos Mosander, puis a immédiatement skipé son équipe nationale féminine vers une fiche de 2-7 aux Jeux de Milan Cortina le mois dernier. Maintenant, elle traverse péniblement un autre championnat du monde. C’est un marathon qui mettrait à l’épreuve les réserves mentales et physiques de n’importe qui.

Le format du tournoi a considérablement évolué ces dernières années. Les six meilleures équipes accèdent aux séries après la conclusion du tournoi à la ronde vendredi. Les deux premières équipes obtiennent une entrée directe dans les demi-finales de samedi, tandis que les matchs pour les médailles ont lieu dimanche. Ce qui a changé, c’est comment fonctionnent les bris d’égalité, ou plutôt comment ils ne fonctionnent plus.

World Curling a éliminé les matchs de bris d’égalité en 2018. Curling Canada a emboîté le pas en 2023 pour leurs championnats nationaux. Maintenant, les résultats face à face brisent le premier niveau d’égalités. Si les équipes restent à égalité, les officiels se tournent vers le classement des tirages de la dernière pierre, connu sous le nom de LSD dans les milieux du curling. Ces tirages de pratique avant-match déterminent quelle équipe commence avec l’avantage du marteau.

Le Canada se classe actuellement premier parmi les treize nations pour la précision du LSD. Ça peut sembler un détail mineur, mais ça a un poids énorme. Jennifer Jones a appris cette dure leçon aux Jeux olympiques de 2022 quand son équipe canadienne s’est classée dixième sur dix aux tirages de la dernière pierre et a raté les séries. Le chagrin de cette élimination a changé à quel point les équipes canadiennes prennent au sérieux leurs échauffements d’avant-match.

L’équipe d’Einarson intègre maintenant des exercices de tirage au bouton dans chaque session de pratique. Ce qui semblait autrefois un exercice de compétence banal est devenu une préparation cruciale pour les championnats. Dans les tournois serrés où plusieurs équipes terminent avec des fiches identiques, ces millimètres de précision dans les tirages d’échauffement peuvent déterminer qui rentre à la maison et qui joue pour les médailles.

L’équipe basée au Manitoba du Club de curling de Gimli fait face à un horaire chargé. Mardi a marqué le premier de trois jours fractionnés où elles participent à la fois aux parties matinales et du soir. Einarson a affronté la Suissesse Xenia Schwaller plus tard ce soir-là. Ces horaires comprimés testent l’endurance et la constance autant que l’habileté.

Einarson, avec la vice Sweeting, la deuxième Birchard et la lead Karlee Burgess, chassent leur premier titre de championnat du monde. Elles essaient aussi de garder la couronne féminine entre mains canadiennes après que Rachel Homan ait capturé des victoires consécutives les années précédentes. La pression des attentes nationales pèse différemment que les objectifs personnels, mais cette équipe semble équipée pour gérer les deux.

Regarder le curling de classe mondiale se dérouler au WinSport apporte une énergie spéciale au paysage sportif de Calgary. Le lieu accueille habituellement des événements de saut à ski et de bobsleigh, alors le transformer en aréna de curling crée une atmosphère unique. Ces écoliers qui remplissent les gradins représentent l’avenir du sport, s’inspirant en regardant les meilleures de leur pays compétitionner sur la glace locale.

Alors que le tournoi progresse vers les rondes éliminatoires, chaque victoire devient plus précieuse. La fiche parfaite du Canada offre un coussin, mais rien n’est garanti dans un sport où un seul coup raté peut tout vous coûter. La volonté d’Einarson d’échanger des pierres en plein match montre le genre d’adaptabilité dont les championnes ont besoin. Le vrai test arrive quand les ajustements cessent de fonctionner et que les équipes doivent creuser plus profond.

Le championnat du monde féminin de curling continue de démontrer pourquoi ce sport captive les Canadiens d’un océan à l’autre. Stratégie, précision, travail d’équipe et grâce sous pression convergent tous sur les pistes de glace. Calgary a la chance d’en être témoin de première main alors qu’Einarson et ses coéquipières poussent vers leur objectif ultime. Cinq victoires de faites, et le voyage ne fait que commencer.

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