Dan McLean joue serré. Le conseiller du quartier 13 ne s’engage pas vraiment sur une éventuelle candidature pour le Parti conservateur uni. Ses électeurs l’ont élu il y a quelques mois à peine, et maintenant certains se demandent s’il va les laisser tomber.
« Pas mal de monde me le demande », a dit McLean aux journalistes mardi. Il a l’air flatté mais reste évasif. Pour l’instant, dit-il, c’est le conseil municipal qui a toute son attention.
Les rumeurs ne sortent pas de nulle part. Rebecca Schulz a annoncé sa démission du siège de députée de Calgary Shaw en décembre dernier. Elle prévoit rester jusqu’en mai, mais ça laisse un poste vacant que le PCU doit combler. Le nom de McLean revient constamment comme candidat potentiel.
Certains Calgariens veulent qu’il reste en place. Un site web lancé vendredi par le Progressive Group for Independent Businesses et Stop the NDP le dit clairement. Le site, www.DanPleaseStay.ca, publie une lettre ouverte demandant à McLean de reconsidérer. Il encourage les résidents à envoyer leurs propres messages pour lui demander de respecter son engagement envers les électeurs.
La campagne reflète une vraie tension. McLean vient tout juste de remporter sa réélection en octobre contre Elliot Weinstein. Les résidents du quartier 13 l’ont appuyé pour un autre mandat. Maintenant, moins de six mois plus tard, ils pourraient devoir voter encore.
Le quartier 13 s’étend dans le sud-est de Calgary. Evergreen se trouve à l’extrémité ouest. Canyon Meadows ancre le nord. Le nouveau développement Pine Creek occupe le sud. Ces quartiers varient en caractère, mais ils partagent des préoccupations communes sur les taxes, les services et la représentation.
McLean s’est bâti une réputation de faucon fiscal. Il vote régulièrement contre les augmentations de taxes foncières. Il remet en question les dépenses qu’il considère comme du gaspillage. Cette approche conservatrice résonne chez bien des électeurs du quartier 13 qui se sentent surtaxés et mal desservis.
Son alignement politique avec le PCU n’est pas subtil. McLean a publiquement appuyé la fermeture du site de consommation supervisée au Sheldon Chumir Health Centre. Il a soutenu la préférence de la province pour un tracé en surface de la ligne verte au centre-ville. Ces positions le placent carrément dans le camp du PCU sur les gros dossiers locaux.
Cet accord idéologique rend une candidature provinciale logique. Le PCU a besoin de candidats solides à Calgary. McLean a une notoriété et un bilan. Sa base du quartier 13 pourrait se traduire en appui plus large dans Calgary Shaw.
Mais le moment compte. Les élections municipales à Calgary viennent tout juste de finir. Les électeurs ont fait leurs choix. Des promesses électorales ont été faites. McLean s’est engagé à servir ses électeurs pour un autre mandat. Partir maintenant briserait ce contrat implicite.
La Loi sur le gouvernement municipal précise ce qui se passe ensuite si McLean se lance. Une élection partielle devient obligatoire à moins que des conditions spécifiques s’appliquent. Le poste ne peut pas devenir vacant après le 1er janvier d’une année d’élection générale. Il ne peut pas non plus tomber en dehors d’une période de 18 mois avant le prochain vote prévu.
Aucune exception ne s’applique ici. Le départ de McLean déclencherait une élection partielle. Les résidents du quartier 13 retourneraient aux urnes. Les candidats feraient encore campagne. De l’argent serait dépensé. Les électeurs qui viennent de participer en octobre devraient se présenter une fois de plus.
Les élections partielles coûtent cher en argent et en énergie. Elles créent aussi de l’incertitude. Le quartier 13 serait sans représentation pendant la période électorale. Des votes importants pourraient avoir lieu sans que leur conseiller soit présent. Les enjeux communautaires pourraient languir sans défenseur à l’hôtel de ville.
Certains résidents y voient de l’opportunisme politique. McLean connaissait la situation provinciale quand il s’est présenté au municipal. La démission de Schulz n’était pas totalement imprévisible. Pourtant il a quand même sollicité sa réélection. Maintenant, la possibilité d’une sortie rapide ressemble à un attrape-nigaud.
D’autres voient les choses différemment. La politique implique des choix difficiles et des opportunités inattendues. Si McLean croit qu’il peut mieux servir Calgary au niveau provincial, ne devrait-il pas le faire? Une adhésion rigide à un seul chemin pourrait signifier des chances manquées d’avoir un plus grand impact.
La campagne pour le garder reflète une préoccupation réelle. Le Progressive Group for Independent Businesses n’est pas une organisation marginale. Stop the NDP représente une perspective politique légitime. Leur effort conjoint signale que le départ de McLean créerait de vrais problèmes pour les électeurs conservateurs au niveau municipal.
La dynamique du conseil de Calgary compte. L’équilibre entre les voix progressistes et conservatrices façonne chaque débat budgétaire et discussion politique. Perdre McLean pourrait changer cet équilibre. Son remplaçant pourrait ne pas partager sa philosophie fiscale. Les électeurs du quartier 13 pourraient se retrouver avec une représentation qu’ils n’ont pas choisie.
La prudence de McLean fait du sens politiquement. Se déclarer trop tôt invite la critique. Attendre lui permet d’évaluer l’appui et de mesurer ses chances. Les mises en candidature provinciales peuvent être compétitives. L’establishment du PCU pourrait préférer un autre candidat. McLean doit savoir qu’il peut gagner avant de s’engager.
Son deuxième mandat à l’hôtel de ville lui donne du poids. Il a établi des relations et bâti sa crédibilité. Quelques années de plus pourraient renforcer sa position pour une future candidature provinciale. Partir maintenant pourrait sembler prématuré, mais attendre pourrait signifier rater l’opportunité complètement.
La politique à Calgary sert souvent de tremplin. Les conseillers municipaux lorgent les sièges provinciaux. Les députés provinciaux visent parfois un poste fédéral. La progression semble naturelle aux initiés politiques. Les électeurs y voient parfois de l’arrivisme.
Les prochaines semaines clarifieront les intentions de McLean. Les dates limites pour les mises en candidature approchent. Le PCU doit combler le siège de Schulz avant la prochaine élection. McLean doit décider si son avenir est à l’hôtel de ville ou à Edmonton.
Pour l’instant, il garde les deux portes ouvertes. C’est de la politique intelligente mais frustrant pour des électeurs qui cherchent de la clarté. Les résidents du quartier 13 méritent de savoir si leur conseiller prévoit terminer son mandat.
La campagne demandant à McLean de rester reflète une frustration plus large. Les politiciens traitent souvent les postes locaux comme un marchepied. Ça mine l’importance du gouvernement municipal et manque de respect envers les électeurs qui les ont appuyés.
McLean fait face à un vrai dilemme. L’ambition personnelle entre en conflit avec l’obligation publique. Les deux chemins ont du mérite. Les deux impliquent des compromis. Peu importe ce qu’il décide, ça décevra quelqu’un.