Le Conseil d’Edmonton Augmente la Dette pour l’Achèvement du Centre de Loisirs Lewis Farms

Laura Tremblay
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Le conseil municipal d’Edmonton vient d’approuver un nouvel emprunt pour le Centre récréatif communautaire et bibliothèque Lewis Farms. Mais voici le hic : ils ne veulent pas encore dire combien.

La décision a été prise mercredi par un vote de 11 contre 1. Le conseiller du quartier pihêsiwin, Mike Elliott, a exprimé le seul vote contre. Le conseiller du quartier Dene, Aaron Paquette, était absent de la séance.

Ce projet a été des montagnes russes financières pour notre ville. L’administration a déjà trouvé 90 millions de dollars en économies grâce à plusieurs vérifications. Ils ont aussi considérablement revu leurs attentes à la baisse. Malgré tout ce travail, le projet de 309,3 millions de dollars a encore besoin de plus d’argent pour franchir la ligne d’arrivée.

Le maire Andrew Knack a expliqué pourquoi le conseil garde le montant exact secret pour l’instant. Tout ça pour obtenir la meilleure entente possible pour les contribuables quand les entrepreneurs soumettront leurs soumissions.

« Si on le disait maintenant, sans finaliser le contrat, alors on sait exactement combien le contrat va coûter », a dit Knack. « Si vous dites que vous devez dépenser X millions sur quelque chose, vous pouvez être sûr que toutes les soumissions vont arriver à ce prix-là. »

Le montant emprunté deviendra public d’ici un mois ou deux. C’est à ce moment qu’un règlement sur la dette financée par les taxes reviendra au conseil. Knack a souligné que rien ne restera caché de façon permanente. La stratégie de timing vise à empêcher les entrepreneurs de gonfler leurs soumissions en fonction des limites budgétaires connues.

J’ai couvert l’hôtel de ville assez longtemps pour savoir que cette approche a du bon sens financier. Quand les entrepreneurs connaissent votre prix maximum, les négociations perdent leur avantage concurrentiel. Les Edmontoniens méritent le coût le plus bas possible pour cette installation.

La conseillère du quartier Sspomitapi, Jo-Anne Wright, a soulevé une question importante durant la rencontre. Elle a demandé à l’administration les risques de dépassements de coûts supplémentaires. L’administration a choisi de répondre à cette question à huis clos lors d’une séance in camera.

Ce projet a traversé des tempêtes politiques et économiques importantes depuis sa création. Le conseil a d’abord approuvé le centre récréatif au début de 2019. Puis tout a changé quand le gouvernement albertain est passé au Parti conservateur uni.

Le nouveau gouvernement provincial a aboli la Charte de la ville d’Edmonton seulement six mois plus tard. Cette décision a fait disparaître le financement d’infrastructure auparavant garanti pour l’installation. Le conseil n’a eu d’autre choix que de mettre tout le projet de côté.

La pandémie a créé des maux de tête financiers supplémentaires quand la construction a finalement repris. L’administration avait initialement budgété pour 23,9 pour cent d’inflation. Ce chiffre a grimpé en flèche à 46,3 pour cent au milieu des perturbations de la COVID-19. L’incertitude géopolitique continue sur les marchés mondiaux a rendu les coûts des matériaux encore plus imprévisibles.

Je me souviens de mes promenades dans l’ouest d’Edmonton durant ces premiers mois de pandémie. Les chantiers de construction étaient étrangement silencieux. Les prix des matériaux fluctuaient énormément d’une semaine à l’autre. Le projet Lewis Farms n’était pas unique à faire face à ces défis.

Le conseiller du quartier papastew, Michael Janz, a proposé une idée de revenus intéressante durant la rencontre de mercredi. Il a suggéré de charger des frais plus élevés aux non-résidents pour utiliser les installations. Son raisonnement a du sens puisque l’installation va desservir toute la région. Les non-résidents ajouteraient de l’usure sans contribuer à l’assiette fiscale d’Edmonton.

La position de Janz sur ce projet a considérablement évolué avec le temps. Il avait voté contre la relance du projet en 2021. À un moment donné, il avait même proposé de réduire le budget à 185 millions de dollars. Mercredi racontait une tout autre histoire.

« Je suis impressionné par la façon dont l’administration a géré les coûts », a dit Janz en appuyant l’emprunt supplémentaire. C’est tout un revirement pour un conseiller connu pour son examen fiscal rigoureux.

L’installation est actuellement terminée à 65 pour cent. L’administration s’attend à finir la construction d’ici 2028. Toutefois, cette complétion vient avec des mises en garde importantes que les résidents devraient comprendre.

Le parc de planche à roulettes ne sera pas complété dans cette phase. Les jeux d’eau ont été repoussés aux plans d’expansion futurs. Divers éléments d’aménagement paysager ont aussi été reportés. L’espace sera laissé pour ces commodités, mais elles n’ouvriront pas avec l’installation principale.

Qu’est-ce que les résidents d’Edmonton vont réellement avoir quand les portes ouvriront en 2028? L’installation offrira quand même deux patinoires de taille LNH. Les gymnases et un centre de conditionnement physique font toujours partie du plan. Une piscine de 53 mètres avec plongeoirs et glissade d’eau sera prête pour les nageurs.

La composante bibliothèque continue comme prévu aussi. J’ai parlé avec des familles du secteur Lewis Farms qui ont désespérément besoin d’un accès à une bibliothèque plus près de chez eux. Les options actuelles exigent de longs trajets à travers la ville.

L’emplacement compte énormément pour le succès de cette installation. Elle est située près de la ligne Metro du TLR, ce qui la rend accessible pour les résidents d’Edmonton. Edmonton Catholic Schools prévoit construire une nouvelle école juste à côté du centre récréatif.

Ce placement d’école crée des synergies naturelles. Les élèves pourraient utiliser les installations récréatives après les cours. Les familles pourraient combiner les visites à la bibliothèque avec le fait de déposer les enfants à l’école. Ces connexions renforcent les liens communautaires d’une façon que les installations autonomes n’arrivent jamais à réaliser.

Le maire Knack a souligné que le conseil a depuis approuvé un nouveau modèle d’infrastructure. Cette approche mise à jour devrait prévenir des dépassements de coûts similaires sur les projets futurs. L’expérience Lewis Farms a enseigné des leçons coûteuses mais précieuses.

« La grande majorité du projet global a été verrouillée par l’administration, mais ils essayaient constamment de trouver des façons d’enlever le moindre petit bout qu’ils pouvaient », a expliqué Knack. « Notre emprunt ne commence pas avant qu’on dépense réellement l’argent. »

L’ancien modèle approuvait les projets avant de compléter toutes les étapes de conception. Ça créait de l’incertitude sur les coûts à mesure que les conceptions évoluaient. Les changements de timing pour Lewis Farms ont aggravé ces problèmes quand le projet a été mis de côté puis redémarré.

Edmonton n’est pas seule à se débattre avec l’inflation des infrastructures. Les villes à travers le Canada font face à des pressions identiques. L’administration a partagé que Regina a récemment approuvé une augmentation de 40 millions de dollars pour une installation aquatique. Ce projet en est encore aux phases de planification précoce, ce qui montre comment les coûts grimpent en flèche même avant le début de la construction.

J’ai vu ce projet générer des débats animés lors de rencontres communautaires partout dans l’ouest d’Edmonton. Certains résidents se demandent si la ville devrait le compléter vu les dépassements. D’autres argumentent qu’annuler maintenant gaspillerait l’argent déjà dépensé.

La réalité se situe quelque part entre ces extrêmes. L’ouest d’Edmonton a besoin d’infrastructures récréatives de qualité. Le secteur Lewis Farms continue de croître rapidement. Les familles qui s’y installent méritent des commodités comparables aux quartiers établis.

Le conseil a pris une décision difficile mais nécessaire mercredi. Approuver des augmentations de dette non divulguées exige la confiance des contribuables. Cette confiance dépend de l’administration qui livre l’installation promise sans autres surprises.

Les prochains mois révéleront le vrai coût de finir ce projet. Les Edmontoniens jugeront si l’investissement supplémentaire s’avère valable. Pour l’instant, la construction continue vers cette date de complétion de 2028.

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