Le Centre des événements WinSport était bondé samedi. Près de 3 000 partisans se sont entassés dans tous les sièges disponibles. Ils sont venus voir le Canada chasser quelque chose qui échappe à cette équipe depuis des années.
Kerri Einarson et son équipe ont dominé le Japon 11-3 en demi-finale. Le match s’est terminé après huit bouts lorsque le Japon a concédé. Maintenant, le Canada affronte la Suissesse Xenia Schwaller dimanche pour l’or au championnat du monde féminin de curling.
Ça représente un moment décisif pour l’équipe d’Einarson. Elles ont trébuché en demi-finales à deux reprises auparavant. Des médailles de bronze ont suivi ces déceptions en 2022 et 2023. Finalement franchir cette barrière signifiait tout pour ce groupe de vétéranes.
« C’est un rêve devenu réalité », a déclaré Einarson après la victoire. « C’est quelque chose pour lequel on a travaillé extrêmement fort au fil des années. »
La skip de Gimli, au Manitoba, n’a pas caché ses émotions. Des années de quasi-succès pesaient sur cette équipe. Shannon Birchard, qui joue deuxième, a exprimé un soulagement et un enthousiasme similaires d’avoir atteint la finale.
Le rôle de Calgary comme ville hôte a ajouté une électricité supplémentaire aux demi-finales. Les partisans étaient assis à quelques mètres seulement de la glace de bout où le Canada jouait. Cette proximité a créé une atmosphère intime rarement vue dans des installations de curling de cette taille.
Burgess livre une performance parfaite
Karlee Burgess s’est jointe à cette équipe il y a un peu plus d’un an. Elle a remplacé Briane Harris au poste de premier. La demi-finale de samedi a démontré pourquoi ce changement de formation a fonctionné. Burgess a affiché une précision de tir de 100 pour cent contre le Japon.
Val Sweeting demeure troisième. Birchard apporte une expérience de championnat du monde en tant que remplaçante dans l’équipe médaillée d’or de Jennifer Jones en 2018 à North Bay. Cette expérience collective s’est finalement traduite par une place en finale.
Le Canada a bien commencé en remportant le tirage au bouton d’avant-match. Ça leur a donné le marteau au premier bout. Elles en ont profité immédiatement avec trois points. Le Japon ne s’est jamais remis de ce déficit précoce.
Un poids de tirage supérieur a séparé les équipes tout au long. Le Canada a forcé le Japon à tenter des retours difficiles pour dégager des pierres des cercles. Au cinquième bout, le Canada menait 7-2 avec une précision de tir de 85 pour cent. Le Japon peinait à 60 pour cent.
La skip japonaise Satsuki Fujisawa a reconnu que les conditions de glace ont déstabilisé son équipe. La surface avait changé entre leur séance d’entraînement et le match. Cet ajustement s’est avéré crucial au premier bout lorsque le Japon a rapidement pris du retard.
La Suisse apporte jeunesse et audace
L’équipe suisse affiche une moyenne d’âge de seulement 22,5 ans. Ne vous laissez pas tromper par ces âges. L’équipe de Schwaller joue avec un sang-froid et une agressivité remarquables. Elles ont défait la Suédoise Isabelle Wraana 8-5 dans l’autre demi-finale.
« Je suis sans voix », a déclaré Schwaller par la suite. « Surtout après toute notre performance de la semaine, une défaite aurait été très difficile dans ce match. »
Les Suissesses ont commencé lentement à Calgary. Elles ont perdu leur match d’ouverture contre le Japon. Puis quelque chose a cliqué. Onze victoires consécutives ont suivi. Elles ont dominé le classement des 13 pays à 11-1, juste devant la fiche de 10-2 du Canada.
En Suisse, les sceptiques doutaient de cette jeune équipe. Schwaller a admis avoir mis son Instagram en sourdine après leur première défaite. Les critiques lui ont fait mal. Maintenant, elle a prouvé le contraire à ces détracteurs de façon spectaculaire.
La Suisse a battu Silvana Tirinzoni moins d’une semaine après que Tirinzoni ait remporté l’argent olympique à Milan Cortina. Cette victoire en finale suisse féminine a valu à l’équipe de Schwaller cette place au championnat du monde. Ça a également démontré la profondeur du talent dans le curling suisse.
La dominance de Tirinzoni crée un environnement difficile pour les jeunes équipes suisses. Elles doivent jouer exceptionnellement bien juste pour obtenir des opportunités internationales. Cette pression a forgé l’équipe de Schwaller en compétitrices sans peur.
Le Canada et la Suisse se sont déjà affrontées lors des matchs de poule. Les Suissesses ont gagné en bout supplémentaire. Cette victoire a démontré leur capacité à gérer la pression contre des adversaires expérimentées. Einarson a reconnu la qualité de la Suisse avant la finale de dimanche.
« C’est une excellente jeune équipe », a noté Einarson. « Elles doivent être sans peur et elles le sont parce qu’elles ont Tirinzoni dans leur pays. »
La séquence historique canadienne se poursuit
Ça marque la troisième année consécutive que le Canada et la Suisse se rencontrent en finale du championnat du monde. Rachel Homan a battu Tirinzoni en 2024 et 2025. Maintenant, Einarson a sa chance de prolonger la séquence de médailles d’or du Canada.
Ce contexte historique ajoute du poids au match de dimanche. Le curling canadien maintient des standards incroyablement élevés aux mondiaux féminins. Tout ce qui est moins que l’or ressemble à une déception. L’équipe d’Einarson connaît intimement cette pression après de précédentes finales de bronze.
Le tournoi du Japon s’est terminé avec dignité mais une déception claire. Elles ont alterné Chinami Yoshida et Tori Koana à la troisième position tout au long de Calgary. Koana a tiré à 75 pour cent dans la défaite de vendredi en ronde préliminaire contre le Canada. Yoshida est revenue samedi pour la victoire éliminatoire contre la Turquie et la demi-finale.
La demi-finale a contenu un moment inhabituel. Le Japon a tenté de concéder après sept bouts. Les officiels ont ordonné aux deux équipes de retourner sur la glace. Les règlements de World Curling exigent un minimum de huit bouts dans les matchs éliminatoires. Seuls les matchs de poule permettent les concessions à six bouts.
Cette règle a forcé le Japon à endurer un bout de plus en tirant de l’arrière 10-3. Le Canada a marqué un autre point au huitième avant que les poignées de main se produisent finalement. C’était une fin maladroite au tournoi autrement respectable du Japon.
Calgary adopte le championnat
Accueillir ce championnat a donné quelque chose de spécial à la communauté de curling de Calgary. Le Centre des événements WinSport s’est avéré une excellente installation malgré sa taille compacte. La salle comble de samedi a démontré l’enthousiasme local pour le sport.
J’ai couvert de nombreux événements de curling dans cette ville. La passion ici est profonde. Les partisans comprennent les nuances. Ils apprécient les excellents lancers. L’atmosphère de samedi reflétait cette appréciation sophistiquée.
La Suisse présente un défi redoutable dimanche. Leur jeunesse apporte énergie et imprévisibilité. Elles ont déjà prouvé qu’elles peuvent battre le Canada dans des situations de pression. L’expérience d’Einarson contrebalance cette exubérance juvénile.
Birchard a parfaitement résumé l’état d’esprit du Canada en vue de la finale. « J’espère qu’on pourra tout donner demain et ramener l’or pour le Canada. »
Après des années à échouer de justesse, cette équipe se trouve enfin à une victoire de son objectif ultime. Dimanche révélera si l’expérience ou la jeunesse audacieuse l’emporte.