Harry Potter : Visions de la Magie Débute à Montréal

Amélie Leclerc
10 Min Read

Ça fait des années que je suis les expériences immersives à Montréal, et honnêtement, la plupart promettent de la magie mais livrent des séances photo glorifiées. Alors quand j’ai entendu dire que Warner Bros. amenait Harry Potter : Visions of Magic à la Place Bonaventure, j’étais curieux mais prudent. Notre ville a vu son lot d’installations surmédiatisées qui s’éteignent plus vite qu’un sortilège de Patronus raté.

Mais celle-ci semble différente dès le départ. Montréal devient la première ville canadienne à accueillir cette production internationale, une collaboration entre Warner Bros. Discovery, NEON et notre propre EMM Williams Productions. L’expérience ouvre officiellement ce vendredi 27 mars à la Place Bonaventure, marquant un ajout important au paysage culturel déjà vibrant de Montréal.

Ce qui rend ça digne d’attention, c’est le système de baguette interactive. Tu ne te promènes pas à travers des displays statiques en prenant des selfies. La baguette contrôle vraiment des éléments tout au long de l’expérience. Pointe-la vers des objets apparemment ordinaires et ils s’illuminent. Agite-la correctement et des effets magiques se déclenchent autour de toi. C’est cette couche d’interactivité qui transforme le parcours d’une heure d’observation passive en véritable participation.

Le parcours emmène les visiteurs à travers huit environnements distincts du monde des sorciers. Ça commence à bord du Magicobus, ce bus violet à trois étages qui navigue tant bien que mal dans le trafic impossible de Londres. De là, tu entres au 12, square Grimmaurd, la maison ancestrale de la famille Black, avant de traverser trois différents Ministères de la Magie représentant Londres, Paris et New York.

La Ménagerie de Norbert vient ensuite, où des créatures fantastiques vivent à l’intérieur de ce qui ressemble à une valise ordinaire. L’exécution technique ici est impressionnante. Les publics montréalais ont tendance à être des critiques sévères en matière de qualité de production, vu les solides secteurs du divertissement et de la techno de notre ville. Les premières critiques d’autres villes suggèrent que l’attention aux détails tient la route sous l’examen minutieux.

La Salle des Prophéties crée un moment particulièrement frappant. Des miroirs multiplient des orbes lumineuses à l’infini dans toutes les directions pendant que des prophéties chuchotées t’entourent. C’est suivi par l’atmosphère plus sombre de l’allée des Embrumes et la Salle sur Demande qui change sans cesse. Le finale se passe à l’intérieur de la Pensine, un espace de projection à 360 degrés où les souvenirs d’Harry Potter tourbillonnent autour des participants sous tous les angles.

J’ai parlé avec Marie-Claude Tremblay, qui gère la programmation culturelle à la Place Bonaventure, pour savoir pourquoi Montréal a décroché cette première. « Notre ville a fait ses preuves comme terrain d’essai pour des expériences innovantes », m’a-t-elle dit. « On a des publics bilingues qui sont sophistiqués au niveau de la technologie du divertissement, et la réputation de Montréal en effets visuels et en jeux vidéo a fait de nous un premier marché canadien idéal. »

Elle n’a pas tort. Montréal héberge plus de 200 compagnies de jeux vidéo et plusieurs studios d’effets visuels de calibre mondial. Nos publics comprennent la technologie immersive mieux que la plupart. Ils ne pardonneront pas une exécution paresseuse ou des effets dépassés.

Les prix se situent à des niveaux raisonnables pour ce type d’expérience. L’admission générale coûte 34 $ pour les 13 ans et plus. Les enfants de 3 à 12 ans entrent à 28 $. Les aînés de 65 ans et plus paient 30,50 $. Les forfaits famille réduisent le prix par personne à 29,50 $ pour les groupes de quatre avec maximum deux adultes. Les groupes de six ou plus obtiennent aussi le tarif de 30,50 $.

L’expérience roule du mercredi au lundi de 10 h à 22 h à la Place Bonaventure, 800, rue De La Gauchetière Ouest. Les billets sont en vente via Fever, et la disponibilité pour les dates de fin mars et avril se resserre déjà. Les réservations s’étendent jusqu’en juin actuellement.

La Place Bonaventure a du sens comme lieu. Le complexe massif a accueilli de tout, des salons professionnels aux installations artistiques au cours de ses décennies d’opération. Sa connexion souterraine au réseau de tunnels de Montréal signifie que la météo ne gardera pas les visiteurs à distance. Ça compte dans une ville où mars peut encore livrer des tempêtes de neige surprises aux côtés de soleil printanier.

La boutique de marchandise à la sortie offre des objets de collection exclusifs qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Et oui, la Bièraubeurre est disponible à l’achat. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une liqueur crémeuse au caramel au beurre sucrée coiffée de mousse, identique à ce que les parcs thématiques Universal servent. Je l’ai essayée avant à Universal Orlando, et même si c’est agressivement sucré, ça colle parfaitement au fantasy.

Ce qui m’intéresse le plus, c’est comment ça s’inscrit dans le moment culturel plus large de Montréal. On a vu les Jardins de Lumière transformer le Jardin botanique, des projections Van Gogh peupler des entrepôts, et plusieurs concepts de salles d’évasion se lancer et évoluer. Les publics ici veulent des expériences qui vont au-delà des expositions de musée traditionnelles. Ils veulent de la participation, pas juste de l’observation.

Jean-François Leblanc, qui gère une salle d’évasion populaire sur le Plateau, a partagé sa perspective avec moi. « Les publics montréalais ont faim de divertissement immersif bien exécuté », a-t-il expliqué. « Mais ils sont aussi exigeants. Tu ne peux pas juste claquer des projecteurs sur des murs et appeler ça immersif. La technologie doit servir une vraie narration. »

C’est le test que Harry Potter : Visions of Magic va affronter ici. La franchise a un attrait intégré, évidemment. Plusieurs générations ont grandi avec ces histoires. Mais les publics avertis en divertissement de Montréal vont juger l’exécution sans pitié si ça semble cheap ou précipité.

Les premières critiques internationales suggèrent que l’expérience tient ses promesses. L’interactivité de la baguette reçoit particulièrement des éloges pour sembler réactive plutôt que gadget. Les environnements maintiennent apparemment une qualité constante plutôt que de charger des éléments impressionnants au début puis de faiblir vers la fin.

Je prévois visiter moi-même durant la semaine d’ouverture. Après avoir couvert la scène culturelle montréalaise pendant des années, j’ai appris à approcher les nouvelles expériences avec des attentes mesurées. Mais la combinaison de succès international prouvé, de solides partenaires de production et d’interactivité véritable rend ceci plus prometteur que la plupart des installations qui passent en ville.

Le timing joue aussi en faveur de l’expérience. Le printemps à Montréal apporte une énergie renouvelée après la longue emprise de l’hiver. Les gens émergent en cherchant des activités qui justifient de s’habiller et de sortir de la maison. Une expérience intérieure d’une heure avec contrôle climatique et atmosphère magique colle parfaitement.

Pour les familles surtout, ça offre quelque chose de différent des options typiques de fin de semaine. La tarification par tranche d’âge suggère une accessibilité pour plusieurs générations, des jeunes enfants aux grands-parents. Cet attrait large compte dans une ville où les sorties multigénérationnelles demeurent culturellement importantes.

L’emplacement de la Place Bonaventure se connecte aussi facilement par métro, bus et la ville souterraine. Du stationnement existe pour ceux qui arrivent en auto des environs. Le lieu se trouve à quelques pas des hôtels du centre-ville, le rendant pratique pour les touristes qui pourraient prolonger leurs visites à Montréal spécifiquement pour cette expérience.

Que Harry Potter : Visions of Magic devienne une attraction montréalaise incontournable ou une nouveauté temporaire dépendra du bouche-à-oreille après la fin de semaine d’ouverture. Mais pour l’instant, ça représente exactement le type de divertissement poli et interactif auquel les publics montréalais répondent le plus avec enthousiasme.

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