J’ai vu un couple se chicaner à propos de leurs plans d’été à l’aéroport Trudeau dimanche après-midi passé. La femme voulait aller voir de la famille à Toronto. Son chum rafraîchissait sans arrêt les prix de billets sur son cell. Ils n’étaient pas contents de ce qu’ils voyaient.
Les analystes de l’essence prédisent qu’on pourrait atteindre 2$ le litre cette semaine. Le conflit qui s’intensifie au Moyen-Orient fait grimper les prix du carburant. Les automobilistes et les voyageurs partout à Montréal sentent la pression. C’est plus juste une question de faire le plein de ton char maintenant.
La situation dans le détroit d’Ormuz a perturbé des corridors maritimes essentiels. Les prix du pétrole montent en flèche. John Gradek de l’Université McGill l’a dit carrément à CTV News. On a vu des augmentations de 40 à 50 cents le litre pour l’essence ordinaire. Le carburant d’aviation a carrément doublé de prix.
J’ai fait le plein proche de mon appart sur le Plateau dimanche après-midi. La pompe affichait 1,93$ le litre. Le gars à côté de moi a juste hoché la tête en riant. Qu’est-ce tu veux faire d’autre?
Porter Airlines a déjà ajouté des frais de carburant de 40$ sur certains billets. Ils ont dit aux médias que le carburant représente leur plus gros coût d’opération. La compagnie aérienne insiste que ces frais seront temporaires. Les frais s’appliquent spécifiquement aux vols VIPorter échangés comme « frais de pointe » pour chaque passager, par trajet. Les réservations standards ne font pas encore face à ces frais supplémentaires.
Gradek n’est pas convaincu de l’aspect temporaire. Il suit les tendances de prix des compagnies aériennes depuis des années. Les frais de carburant ont la fâcheuse habitude de se glisser dans les tarifs réguliers. Ils disparaissent rarement complètement une fois introduits. Les compagnies aériennes trouvent des façons créatives de maintenir des prix plus élevés même après que les coûts de carburant se stabilisent.
J’ai parlé avec des voyageurs à Trudeau la semaine passée pour une autre histoire. Plusieurs reconsidèrent leurs plans. Des familles qui volent habituellement vers Toronto ou Ottawa calculent maintenant les temps de route. Les vols court-courriers semblent soudainement moins pratiques quand tu prends en compte ces nouveaux coûts.
Mais conduire n’a pas l’air ben mieux en ce moment. Dan McTeague de Canadians for Affordable Energy a lancé un avertissement brutal. Préparez-vous pour des prix au-dessus de 2$ le litre d’ici 24 à 48 heures. Cette prédiction est venue dimanche, alors on y est probablement rendu là.
Le timing ne pourrait pas être pire pour les automobilistes montréalais. Le 15 avril amène une autre augmentation de prix que ben du monde ne connaît pas. Les stations-service partout au Canada changent des mélanges d’essence d’hiver aux mélanges d’été. La formule d’été utilise des composants plus dispendieux et des processus de raffinage sophistiqués.
McTeague estime que ce changement saisonnier ajoute 10 cents de plus le litre. Donc si on frappe 2$ la semaine prochaine, attendez-vous à 2,10$ deux semaines plus tard. Ça c’est en supposant que rien d’autre change dans les marchés mondiaux du pétrole. Vu les tensions actuelles au Moyen-Orient, c’est toute une supposition.
Je me rappelle quand 1,50$ le litre me semblait scandaleux. Mes voisins pis moi on chiâlait sans arrêt là-dessus. Là 1,93$ c’est notre réalité de dimanche après-midi. Mon amie qui fait le trajet de Laval au centre-ville de Montréal calcule si elle peut se permettre de continuer à conduire pour aller travailler.
Les frais de carburant de Porter sont probablement juste le début. McTeague s’attend à ce que d’autres transporteurs canadiens suivent rapidement. Air Canada, WestJet et les plus petits transporteurs régionaux font tous face aux mêmes pressions de coûts de carburant. La compétition garde habituellement les prix un peu sous contrôle, mais quand tout le monde fait face aux mêmes augmentations de coûts, les frais se propagent vite.
Les agents de voyage à qui j’ai parlé rapportent une vague d’annulations. Des familles remettent leurs plans de vacances d’été à plus tard. D’autres changent des vols pour des road trips, au moins pour les destinations à distance raisonnable en char. Après ça ils voient les prix de l’essence pis ils reconsidèrent toute.
Les effets d’entraînement s’étendent au-delà des voyages personnels. L’industrie touristique de Montréal dépend beaucoup des visiteurs de l’Ontario, des Maritimes et des États-Unis. Des coûts de voyage plus élevés pourraient réduire le nombre de visiteurs cet été. Les restos, les hôtels et les attractions pourraient voir moins de clients. Notre économie a besoin des dollars du tourisme, surtout après des années de relance post-pandémie.
Les commerces locaux qui dépendent des services de livraison font face à des défis aussi. Les coûts de transport affectent toute, des fournitures de resto à l’inventaire de détail. Quand les prix du diesel et de l’essence grimpent, ces augmentations finissent par atteindre les consommateurs par des prix plus élevés sur les biens et services.
McTeague a offert des conseils plutôt déprimants sur la planification des voyages d’été. Le meilleur temps pour réserver c’était il y a deux mois. Si t’as manqué cette fenêtre, tes options ont l’air limitées là. Il a suggéré à la blague de rester chez vous ou de faire du pouce en entrant dans l’été 2025. L’humour ne cache pas la vraie frustration que ben des Montréalais ressentent.
J’ai checké les prix à plusieurs stations dans différents quartiers de Montréal pendant la fin de semaine. Les variations étaient minimes. Tout le monde paye à peu près les mêmes tarifs gonflés que tu sois à Westmount, Hochelaga ou Pointe-Claire. Ça affecte tout le monde peu importe le quartier ou le niveau de revenu.
La situation est particulièrement frustrante parce qu’on a un contrôle limité. Les conflits mondiaux et les réglementations saisonnières sur l’essence déterminent ces coûts. Les consommateurs individuels peuvent pas négocier ou se retirer. On ajuste nos vies autour de prix déterminés par des forces ben au-delà de Montréal.
Certaines familles deviennent créatives. Le covoiturage fait un comeback chez les collègues. Les parents coordonnent leurs horaires pour partager les trajets d’école. Le stationnement de mon immeuble a visiblement moins de chars qui partent chaque matin. Le monde fait plus de vélo pis prend plus le métro.
Les chiffres d’achalandage du transport en commun devraient être intéressants quand la STM va sortir les statistiques du mois prochain. Des prix d’essence plus élevés poussent historiquement plus de monde vers les autobus et le métro. Ça pourrait mettre de la pression sur notre système de transport déjà occupé pendant les heures de pointe.
La saison des voyages d’été commence traditionnellement autour de la fin de semaine de la fête de la Reine. Les Montréalais adorent s’évader au chalet, visiter de la famille ou faire des road trips à travers les belles régions du Québec. Cette année pourrait être différente. Les plages plus proches de chez nous pourraient voir de plus grosses foules. Les vacances à maison pourraient devenir la norme plutôt qu’un choix.
J’annule pas encore mes propres plans d’été. Mais je les repense définitivement. Cette fin de semaine à Québec pourrait devenir un aller-retour dans la journée à la place. Le vol pour aller voir ma sœur à Vancouver a l’air de plus en plus cher. Peut-être qu’elle peut venir ici à la place, même si son vol coûte pareil.
Ces décisions se jouent dans les foyers partout à Montréal en ce moment. On fait tous les mêmes calculs. On espère tous que les prix se stabilisent bientôt. Pis on se demande tous si 2$ le litre devient notre nouvelle normalité plutôt qu’un choc temporaire.