Règles de blackout électoral de l’Alberta sur les référendums menés par les citoyens

James Dawson
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En franchissant les portes de l’Assemblée législative hier matin, je ne pouvais m’empêcher de sentir qu’un changement fondamental s’opérait dans la relation entre les Albertains et leur gouvernement. Mickey Amery se tenait au podium, présentant une énième série de modifications aux règles des référendums d’initiative citoyenne. C’est la troisième refonte majeure en moins de douze mois.

Le projet de loi proposé crée une période de deux ans durant laquelle les Albertains ne pourront pas lancer de nouvelles pétitions référendaires. Un an avant une élection provinciale, un an après. C’est une période considérable pendant laquelle les citoyens perdent l’accès à cet outil démocratique, peu importe l’urgence de leurs préoccupations.

Amery a présenté ça comme une question de cohérence. Il a dit aux journalistes que le gouvernement veut que les électeurs se concentrent sur les enjeux électoraux pendant les campagnes. Les initiatives citoyennes ne devraient pas interférer avec ce processus, a-t-il argumenté. Mais assis dans cette mêlée de presse, je me demandais de quelle commodité on parlait vraiment.

Selon CBC News, les pétitions déjà en cours ne seront pas touchées par ces restrictions. Le gouvernement ne met pas en pause les efforts actuels. C’est déjà ça. Les échéances pour tenir des référendums liés aux pétitions existantes disparaîtraient également avec ce projet de loi.

Ce n’est pas la première fois que le Parti conservateur uni joue avec les règles référendaires. L’année dernière, le gouvernement de Danielle Smith a abaissé les seuils de signatures et accordé un mois supplémentaire aux pétitionnaires pour recueillir des noms. Ces changements semblaient viser à faciliter le processus. Puis décembre est arrivé avec une nouvelle loi éliminant les obstacles juridiques aux efforts référendaires séparatistes, comme l’a rapporté CBC.

Les frais de demande sont passés de cinq mille à vingt-cinq mille dollars. C’est pas des peanuts pour des Albertains ordinaires qui tentent d’organiser des mouvements populaires. Maintenant, on ajoute des périodes d’interdiction au mélange. Le modèle ressemble moins à un raffinement qu’à une expérimentation sur un processus démocratique qui touche tout le monde.

Trois pétitions d’initiative citoyenne ont été lancées depuis juin dernier. Une a réussi en décembre, établissant une politique selon laquelle l’Alberta ne quittera pas le Canada. L’ironie n’échappe à personne qui suit ça de près. Le gouvernement a ouvert la voie aux référendums séparatistes, puis les Albertains ont utilisé ces mêmes outils pour rejeter complètement la séparation.

Une autre pétition ciblant le financement public des écoles privées a échoué en février. Un troisième effort, axé sur l’interdiction de nouvelles mines de charbon sur les versants est des Rocheuses, a jusqu’au 10 juin pour recueillir des signatures. Ce sont pas des enjeux marginaux. Ils reflètent de vraies divisions dans notre province concernant le financement de l’éducation, le développement des ressources et la place de l’Alberta dans la confédération.

J’ai couvert assez de sessions législatives pour reconnaître quand les gouvernements règlent des problèmes qui n’existent pas encore vraiment. Amery a insisté qu’il ne prévoit pas de scénarios où des questions référendaires seraient mises en veilleuse pendant une décennie. Mais les chiffres racontent une autre histoire. Si les pétitionnaires ratent leur fenêtre, ils regardent vers des années d’attente avant de réessayer.

Les élections provinciales en Alberta ne suivent plus de cycles prévisibles de quatre ans. Les gouvernements peuvent les déclencher quand c’est politiquement opportun. Ça rend ces périodes d’interdiction encore plus difficiles à naviguer pour les citoyens qui planifient des campagnes de mobilisation à long terme.

Le projet de loi ne s’arrête pas aux règles référendaires. Il vise aussi la liste de divulgation des salaires de la province, abaissant considérablement les seuils de divulgation salariale. Les employés gouvernementaux gagnant cent trente mille dollars par année apparaîtraient maintenant dans les registres publics. C’est une baisse par rapport au minimum actuel de cent trente-trois mille.

Pour les travailleurs du secteur public élargi, le changement est encore plus dramatique. Le seuil descend de cent cinquante-neuf mille à ce même montant de cent trente mille dollars. Plus de transparence, ça sonne bien sur papier. Amery présente ça comme donner aux Albertains l’information qu’ils veulent et méritent.

Mais le projet de loi réduit aussi la déclaration des indemnités de départ de deux fois par année à une fois. Le gouvernement appelle ça couper dans la paperasse. Moi, j’appelle ça réduire la transparence tout en prétendant l’augmenter. Ces deux mesures dans la même loi créent une contradiction intéressante.

Les préoccupations technologiques complètent ce projet de loi. Le PCU veut interdire les hypertrucages trompeurs de politiciens et de responsables électoraux. Élections Alberta pourrait imposer des amendes allant jusqu’à dix mille dollars aux individus. Les entités font face à des pénalités pouvant atteindre cent mille dollars. Le ministre Nate Glubish travaille sur une loi distincte concernant les hypertrucages d’images intimes, selon Global News.

Amery a dit aux journalistes que le gouvernement veut répondre aux menaces de façon proactive. Garder les élections justes et honnêtes. J’ai entendu ces justifications avant, habituellement juste avant que les gouvernements étendent leur portée réglementaire. Les hypertrucages sont de vrais problèmes nécessitant de vraies solutions. Mais combiner cette préoccupation légitime avec des restrictions référendaires soulève des questions sur les priorités législatives.

Debout à l’extérieur de l’Assemblée législative après l’annonce d’Amery, j’ai parlé avec quelques observateurs politiques. Aucun ne se rappelait un autre gouvernement bidouillant avec les règles d’initiative citoyenne aussi fréquemment. Le processus change plus vite que la plupart des Albertains peuvent suivre.

La démocratie fonctionne mieux quand les règles restent cohérentes. Les gens doivent comprendre comment participer sans constamment vérifier les mises à jour. Ce raffinement constant, comme l’appelle Amery, crée de l’incertitude pour quiconque tente d’organiser une action politique populaire.

Le PCU maintient que ces changements rendent le processus plus facile et rationalisé. De là où je suis assis, après presque deux décennies à couvrir la politique albertaine, ça semble plus compliqué que jamais. Des frais plus élevés, des fenêtres d’interdiction, des seuils changeants. C’est pas de la simplification selon aucune définition que je reconnaisse.

Cette loi passera par le processus habituel en comité. Les partis d’opposition soulèveront des préoccupations. Les députés du gouvernement la défendront. Éventuellement, elle passera probablement parce que le PCU détient une solide majorité. Ensuite, on attendra de voir si d’autres raffinements arrivent l’année prochaine.

Les Albertains méritent des moyens stables et accessibles pour pétitionner leur gouvernement. Ils méritent de la transparence sur la façon dont l’argent public est dépensé. Ils méritent une protection contre la manipulation numérique lors des élections. Ce projet de loi touche ces trois domaines mais ne satisfait complètement aucun d’entre eux.

La période d’interdiction de deux ans demeure ma plus grande préoccupation. La démocratie ne fait pas de pause pour la commodité électorale. Les enjeux importants n’attendent pas les moments politiquement opportuns. Si les citoyens recueillent assez de signatures sur des questions politiques légitimes, ils ont gagné le droit de voir ces questions entendues.

Peut-être que les intentions du gouvernement sont exactement comme déclarées. Peut-être que c’est vraiment une question de créer de la cohérence et de répondre aux menaces émergentes. Mais les intentions comptent moins que les résultats en politique. Et le résultat ici ressemble à rendre les référendums d’initiative citoyenne plus difficiles à lancer, pas plus faciles.

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