Débat sur la Civilité Politique avec Singh, Wynne, Brodie à Calgary

James Dawson
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J’ai couvert des événements politiques dans cette ville pendant des années, et celui-ci me semble différent. Quelque chose est en train de changer dans notre façon de parler de politique, et apparemment, trois personnes qui ont vécu de l’intérieur estiment que ça vaut la peine d’en discuter publiquement.

Le Club canadien de Calgary organise un débat le 1er mai qui réunit un trio inhabituel. Jagmeet Singh dirigeait le NPD fédéral. Kathleen Wynne a été première ministre de l’Ontario. Ian Brodie a servi comme chef de cabinet quand Stephen Harper occupait le bureau du premier ministre. Ils viennent discuter de ce que plusieurs d’entre nous avons remarqué mais que peu osent nommer directement : la politique est devenue plus méchante.

Le discours politique suivait autrefois certaines règles non écrites. On pouvait être en désaccord sans remettre en question l’humanité fondamentale de quelqu’un. Ces limites semblent désuètes maintenant, presque nostalgiques. Parcourez n’importe quelle section de commentaires ou regardez la période de questions, et vous verrez ce que je veux dire.

Le débat portera sur la partisanerie et sur la détérioration de la conversation politique. Mais ce n’est pas seulement de la théorie abstraite. Le trio prévoit aborder quelque chose de plus concret et de plus troublant. Les politiciens et les fonctionnaires font face à des menaces et de l’hostilité croissantes, du genre qui va au-delà des désaccords passionnés.

Je me souviens quand les électeurs mécontents écrivaient des lettres. Maintenant, ils se présentent à domicile. La GRC a signalé une augmentation importante des menaces contre les politiciens fédéraux ces dernières années. Les élus locaux ne sont pas exemptés non plus.

Calgary est un endroit logique pour cette conversation. Nous avons toujours été politiquement engagés, parfois intensément. Nos réunions du conseil municipal peuvent devenir animées. La politique provinciale ici ne manque jamais de passion. Mais dernièrement, quelque chose de plus sombre s’infiltre dans ces échanges.

Le Club canadien de Calgary organise des discussions politiques depuis des décennies. Cette organisation rassemble des chefs d’entreprise et des membres de la communauté intéressés par les débats politiques. Leurs événements attirent généralement des foules qui veulent du fond plutôt que du spectacle. Ce débat en particulier devrait attirer une attention considérable compte tenu du profil des intervenants.

Singh apporte une perspective de chef d’un parti national à travers des temps turbulents. Il a personnellement fait face au racisme et à la discrimination religieuse. Son expérience de porter un turban en politique canadienne a exposé une laideur que beaucoup de Canadiens préféraient ne pas reconnaître. Il est qualifié pour parler d’hostilité dans la vie politique.

Wynne a gouverné l’Ontario pendant des périodes polarisées. Elle est devenue première ministre quand les médias sociaux remodelaient déjà la communication politique. Son mandat a connu des critiques intenses, certaines légitimes et d’autres méchamment personnelles. Elle sait ce qui arrive quand l’opposition politique franchit une autre limite.

Brodie offre un angle différent. Il a travaillé au centre nerveux du pouvoir fédéral pendant les années Harper. Ce gouvernement a fait face à une opposition féroce et en a distribué pas mal lui-même. Il a vu comment la stratégie politique croise le discours public, pour le meilleur et pour le pire.

Le moment est important. On voit des politiciens partout au Canada reconsidérer si le service public vaut le coût personnel. Les conseils municipaux ont du mal à attirer des candidats. Les députés fédéraux parlent ouvertement du prix que paient leurs familles. Quelque chose doit céder.

Stephen Lewis est récemment décédé, et le monde politique a pleuré quelqu’un qui représentait une époque antérieure de combat politique. Lewis se battait fort pour ses convictions mais maintenait le respect pour ses adversaires. Son fils Avi dirige maintenant le NPD fédéral. Le contraste entre les générations politiques devient frappant.

Le débat arrive alors que le PDG d’Air Canada est parti dans la controverse. Des politiciens de tous les partis ont réagi, montrant comment les affaires et la politique se chevauchent de plus en plus dans le discours public. André Pratte, anciennement sénateur, est retourné à un poste senior avec les libéraux du Québec. Ces mouvements illustrent comment les carrières politiques suivent maintenant des chemins moins prévisibles.

Calgary a toujours valorisé le franc-parler. On apprécie les leaders qui disent ce qu’ils pensent sans trop de vernis. Mais le franc-parler diffère de la cruauté. L’honnêteté ne nécessite pas la déshumanisation. Cette distinction semble parfois perdue.

Les observateurs politiques locaux suivront ce débat de près. Le milieu des affaires représenté par le Club canadien veut de la stabilité et de la prévisibilité. Une toxicité politique excessive menace les deux. Les entreprises hésitent à s’engager publiquement quand chaque déclaration devient une tempête potentielle.

J’ai interviewé des centaines de politiciens au cours de ma carrière. La plupart sont entrés en service public avec des intentions sincères, voulant améliorer leurs communautés. Peu anticipaient l’environnement actuel. Ils s’attendaient à des critiques et à de l’opposition. Ils ne s’attendaient pas à des menaces contre leurs familles.

Le format du débat sera important. S’il dégénère en marquage de points partisans, l’ironie sera douloureuse. Si les trois intervenants se confrontent vraiment à des questions difficiles, quelque chose de valable pourrait émerger. On a besoin de modèles sur comment être en désaccord de façon productive.

Les électeurs de Calgary méritent mieux que ce que le discours politique offre souvent maintenant. On peut gérer des débats politiques complexes. On n’a pas besoin que tout soit réduit à des slogans et des attaques. Ce débat pourrait offrir un petit pas vers quelque chose de plus sain.

Le 1er mai n’est pas loin. Le Club canadien va probablement afficher complet rapidement. Les gens ont faim de conversations qui reconnaissent les problèmes sans simplement y ajouter. Trois personnes de différents mondes politiques vont tenter exactement ça.

Si une soirée de discussion civile peut contrer des années de détérioration des normes reste flou. Mais au minimum, ça signale que les gens à l’intérieur de la politique reconnaissent le problème. C’est nécessaire avant que des solutions deviennent possibles.

Je vais suivre comment ce débat se déroule. Calgary mérite d’entendre une réflexion honnête sur où la culture politique a mal tourné. Plus important encore, on a besoin d’entendre des idées sur comment reconstruire quelque chose de meilleur. Trois voix avec une profonde expérience politique pourraient justement offrir les deux.

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