Débat sur le Logement à Calgary : Coûts Politiques et Générations Futures

James Dawson
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Les dirigeants se débattent avec des choix qui opposent le confort d’aujourd’hui à la nécessité de demain. En ce moment, cette lutte se concentre sur une politique du logement qui pourrait définir notre ville pour les décennies à venir.

J’ai observé cette dynamique se jouer lors d’innombrables réunions du conseil. Les élus font face à des résidents en colère. Ils entendent des plaidoyers passionnés. Puis vient la partie difficile : décider quel avenir compte le plus.

Calgary a approuvé une stratégie de logement il n’y a pas si longtemps. Elle visait à s’attaquer de front à notre crise d’abordabilité. L’approche incluait des mesures de rezonage permettant davantage de types de logements dans les quartiers établis. Les données montrent que la politique a fonctionné. Notre ville mène le pays en construction de logements. Les loyers ont commencé à baisser. Les familles ont gagné des options que d’autres villes canadiennes ne peuvent égaler.

Pourtant, le conseil débat maintenant du retrait de ces mêmes changements. La pression politique s’est avérée trop intense. L’opposition est devenue assez forte pour que les dirigeants nouvellement élus promettent de faire marche arrière. Cela soulève des questions inconfortables sur le leadership et l’héritage.

Les chiffres dressent un portrait brutal. Depuis 2001, les prix des maisons unifamiliales à Calgary ont triplé. Le loyer moyen est passé de 1 347 $ en 2021 à 1 870 $ lors de l’adoption de la stratégie de logement. Un ménage sur cinq était déjà en difficulté avant ces augmentations. La croissance démographique a accéléré ces pressions. Le déficit de logements s’est creusé. La concurrence a fait grimper les coûts davantage encore.

Sans intervention, cette trajectoire devient notre réalité permanente. Les conseillers risquent de devenir spectateurs des difficultés de leurs propres concitoyens. Pointer du doigt les conseils précédents, Ottawa ou les dirigeants provinciaux ne logera pas les familles. L’action, oui. L’inaction entraîne des conséquences qui s’accumulent avec le temps.

Les sondages d’opinion publique révèlent des contradictions qui méritent examen. Abacus Data a constaté que 64 pour cent des Canadiens pensent que les gouvernements municipaux n’en font pas assez pour l’abordabilité du logement. Les gens veulent des solutions globales couvrant la propriété, la location et le logement hors marché. Calgary a déjà construit ce cadre. Alors pourquoi le conseil envisage-t-il de le démanteler?

La réponse réside dans les mathématiques électorales. Les opposants au logement ont tendance à être des propriétaires de plus de 45 ans. Ils votent régulièrement. Ils s’organisent efficacement. Ils ont rempli les audiences publiques d’opposition au rezonage. De nombreux candidats se sont alignés sur ce bloc lors des récentes élections. Maintenant, ces promesses arrivent à échéance.

Je trouve la fracture générationnelle particulièrement troublante. Statistique Canada montre qu’environ 65 pour cent des électeurs aux élections municipales ont plus de 45 ans. Les jeunes forment un bloc électoral plus faible. Près d’un tiers ne croient pas que l’accession à la propriété reste réalisable pour eux. Les salles du conseil lors des audiences publiques confirment visuellement ce déséquilibre. Les cheveux gris dominent la pièce.

Le maire Jeromy Farkas a promis de prendre au sérieux les préoccupations des électeurs après sa victoire électorale. Un sondage de Janet Brown Opinion Research a toutefois révélé quelque chose d’intéressant. Alors que dans l’ensemble, les électeurs soutenaient les candidats opposés au rezonage, les majorités de moins de 45 ans voulaient maintenir ces politiques. Les majorités de plus de 45 ans voulaient les éliminer. Cela crée le dilemme central du conseil.

Les conseillers devraient-ils gérer la ville pour la prochaine génération même si elle représente une minorité d’électeurs? Ou devraient-ils prioriser les blocs électoraux fiables au détriment de l’abordabilité à long terme? La réponse détermine quel genre de ville nous devenons.

J’ai remarqué que les conseillers ont du mal à peser les préoccupations concurrentes. Le logement suscite des émotions intenses des deux côtés. Les partisans et les opposants présentent tous deux des témoignages larmoyants. Cette égalité émotionnelle tente les dirigeants vers une fausse équivalence. Ils traitent toutes les préoccupations comme également valables. Mais le sont-elles?

Considérez la comparaison. Des augmentations de loyer annuelles à deux chiffres contre trop de bacs de recyclage dans la ruelle. Se battre avec les voisins pour le stationnement dans la rue pour votre troisième voiture contre rendre l’accession à la propriété possible pour les jeunes familles. Protéger l’esthétique du quartier contre donner aux gens l’accès aux communautés qu’ils aiment. Ces enjeux n’ont pas le même poids.

Les Calgariens qui ne voient pas ce déséquilibre laissent leurs préoccupations personnelles obscurcir les besoins plus larges. La peur du changement ne devrait pas l’emporter sur la réalité menaçante de notre crise du logement. On ne peut pas jouer sur les deux tableaux lors de véritables urgences. Un côté fait face à l’inconvénient. L’autre fait face à être exclu de la ville entièrement.

L’histoire de Calgary offre une perspective ici. Les logements secondaires ont pris huit ans à approuver après que le maire Naheed Nenshi les ait proposés pour la première fois en 2010. Le pont de la Paix a suscité la division. Aujourd’hui, il apparaît dans chaque vidéo touristique faisant la promotion de notre ville. Le programme de conversion du centre-ville attire l’acclamation internationale tout en faisant face à des critiques locales constantes. Calgary a toujours eu du mal avec les solutions avant de les adopter plus tard.

Je reconnais le coût politique de dire aux électeurs « Je vous entends, mais je ne suis pas d’accord ». Ayant couvert d’innombrables votes au conseil, j’ai vu ce courage faiblir. Les critiques le présentent comme ne pas écouter. Mais le travail d’un conseiller n’est pas d’apaiser quiconque se présente aux réunions. C’est de trier les enjeux et de prendre des décisions éclairées profitant à tous les Calgariens. Cela inclut ceux qui ne votent pas encore et ceux trop occupés à travailler plusieurs emplois pour assister aux audiences.

La stratégie de logement n’était pas parfaite. Aucune politique ne l’est jamais. Mais elle a fait avancer Calgary pendant que d’autres villes piétinaient. Notre boom de construction est devenu l’envie des municipalités canadiennes. Les loyers ont effectivement diminué. L’offre a commencé à rattraper la demande. Ces résultats ne se sont pas produits par accident. Ils résultent de dirigeants politiques acceptant les critiques à court terme pour un gain à long terme.

Faire marche arrière maintenant envoie un message clair. La survie politique compte plus que les résultats politiques. L’opposition vocale a plus de poids que les résultats mesurables. Les générations futures se classent en dessous des propriétaires actuels en priorité. Ce message résonnera pendant des années, peu importe ce que le conseil décide finalement.

Je continue de penser à l’observation de cet élève du secondaire lors de sa visite scolaire à l’hôtel de ville. « Ça ne semble pas logique politiquement de vraiment résoudre les problèmes. » De la bouche des jeunes vient une vérité inconfortable. Résoudre les problèmes crée des gagnants et des perdants. L’inaction évite le blâme. La politique municipale de Calgary a longtemps récompensé la prudence plutôt que le courage.

Ce moment teste si ce schéma persiste. Le conseil fait face à un choix entre une politique basée sur les données et la commodité politique. Entre les mathématiques électorales et la responsabilité générationnelle. Entre les Calgariens qui votent le plus régulièrement et les Calgariens qui ont le plus urgemment besoin d’aide. Ces pressions concurrentes rendent le leadership difficile. Elles le rendent aussi nécessaire.

La question n’est pas de savoir si construire pour les générations futures coûte du capital politique. C’est clairement le cas. La question est de savoir si ce coût s’avère trop élevé pour ce conseil particulier à ce moment particulier. L’avenir du logement à Calgary dépend de la réponse. Tout comme notre réputation de ville qui résout les problèmes plutôt que de les éviter.

Nous saurons bientôt assez quel chemin le conseil choisit. La décision révélera les priorités qui façonnent notre ville pour les décennies à venir. J’espère que la sagesse l’emportera sur l’opportunisme. J’espère que la pensée à long terme l’emportera sur la politique à court terme. Mais l’espoir n’est pas une stratégie. Seul le courage l’est. Calgary a besoin de dirigeants prêts à payer le prix politique pour faire ce qui est juste. Reste à savoir si nous les avons.


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