Jakub Dobes Émerge Comme Gardien Étoile des Canadiens dans la Victoire Contre les Hurricanes

Amélie Leclerc
9 Min Read

Ça fait assez longtemps que je couvre le sport montréalais pour reconnaître quand un jeune joueur trouve ce petit quelque chose de spécial. Mardi soir au Centre Bell, Jakub Dobes a montré à tout le monde qu’il est prêt pour les projecteurs.

Le gardien tchèque de 24 ans a effectué 41 arrêts alors que le Canadien est revenu de l’arrière pour vaincre la Caroline 5-2. La foule a scandé son nom. Ses coéquipiers ont salué son aplomb. Et soudainement, la question de qui part devant le filet à Montréal ne semble plus si compliquée.

Cole Caufield l’a dit parfaitement après la partie. Il a parlé de confiance et d’aplomb, ce qu’on veut chez un gardien numéro un. Dobes a livré les deux contre les Hurricanes, même si son équipe s’est fait déjouer 43-19 au chapitre des tirs. C’est le genre de performance qui change tout.

Je me souviens d’être assis dans la tribune de presse lors de la première défaite de Dobes cette saison. Il a pleuré ouvertement après un revers de 4-3 en prolongation contre le New Jersey. Certains ont critiqué l’émotion. Moi, j’ai trouvé ça rafraîchissant dans un sport qui demande souvent aux joueurs de cacher leurs sentiments.

Cette intensité définit qui est Dobes comme compétiteur. Il ne cache rien. Quand il gagne, il célèbre fort. Quand il perd, ça fait visiblement mal. Pour une franchise qui cherche son identité, cette authenticité compte.

Les chiffres racontent une histoire intéressante. Au total cette saison, Dobes affiche un taux d’efficacité de ,896 et une moyenne de 2,88. Rien de spectaculaire là-dedans. Mais regardez de plus près ses six derniers départs : ,926 et 2,17. Le jeune comprend comment ça marche.

Plus important encore, il gagne des matchs. Sa fiche est de 23-8-4. Même quand les statistiques baissent, il trouve le moyen de donner deux points à son équipe. C’est exactement ce que font les gardiens champions.

L’entraîneur Martin St-Louis a utilisé une métaphore parfaite après la victoire de mardi. Il a dit que Dobes essaie constamment de réclamer sa chaise. Dès qu’on arrête de s’inquiéter de la garder, quelqu’un la vole. Observation intelligente d’un coach qui connaît le désir de compétition.

Le chemin n’a pas été facile pour Dobes. Sam Montembeault a commencé la saison comme le numéro un évident, et à juste titre. Ensuite, l’organisation a rappelé Jacob Fowler deux fois de la Ligue américaine. Trois gardiens en rotation, ça crée de l’incertitude pour tout le monde.

En janvier, Dobes est resté sur le banc pendant cinq matchs consécutifs durant ce carrousel à trois gardiens. Quand il est finalement revenu contre Vancouver avec une victoire de 6-3, il a fait des vagues. Il a dit aux journalistes qu’il ne comprendrait pas être rétrogradé dans la LAH vu sa fiche de victoires.

Certains ont qualifié cette déclaration de prétentieuse. Moi, j’ai vu autre chose. De la confiance. De la conviction. Exactement les qualités que Caufield veut voir chez un gardien partant. Dobes n’était pas arrogant. Il énonçait des faits sur sa performance.

Mardi soir a complètement validé cette confiance en soi. La Caroline a pris les devants 2-0 rapidement. Bien des équipes auraient plié sous cette pression, surtout en se faisant déjouer autant. Dobes a gardé Montréal à portée en stoppant 14 tirs en première période, incluant une échappée de Taylor Hall.

Le Canadien ne tirait que 2-1 après vingt minutes. Ça leur a donné de la vie. C’est ce qu’un gardien d’élite apporte : des opportunités.

Ivan Demidov a marqué sur une feinte magnifique en troisième pour donner l’avance 4-2 à Montréal. Mais la Caroline n’avait pas dit son dernier mot. Logan Stankoven a obtenu une échappée avec moins de cinq minutes à jouer. Dobes a encore fermé la porte.

Puis est venu le vrai test. Les Hurricanes ont retiré leur gardien avec quatre minutes restantes. Quatre longues minutes à défendre un filet désert contre une équipe qui tire de partout. St-Louis a dit que c’était long à gérer comme situation.

Dobes a tenu bon pendant que la Caroline bombardait son filet sans relâche. La foule du Centre Bell a répondu avec des chants rythmés : « Do-by! Do-by! » Cette connexion entre gardien et partisans crée quelque chose de spécial dans cette ville.

À un moment donné, Dobes semblait prêt à tirer la rondelle vers le filet désert de la Caroline depuis son propre enclave. Demidov a trouvé ça effrayant et drôle. Slafkovsky a niaisé depuis le banc en parlant de lui faire une passe la prochaine fois. Dobes a sagement figé la rondelle alors que les joueurs des Hurricanes se rapprochaient.

L’équipe n’a pas rendu Dobes disponible pour les entrevues d’après-match, probablement une décision intelligente vu son honnêteté émotionnelle. Il a seulement donné une brève entrevue sur la glace après avoir mérité les honneurs de première étoile.

« Ça va? » a-t-il dit avec un énorme sourire, mélangeant le français à son anglais. Il a remercié la foule d’avoir donné de l’élan quand Montréal a compté ses deuxième et troisième buts. Des mots simples, mais une appréciation sincère.

J’ai regardé d’innombrables gardiens passer à Montréal en deux décennies à couvrir cette équipe. La pression ici brise certains joueurs talentueux. Les attentes en écrasent d’autres. L’histoire en intimide plusieurs.

Dobes semble différent. Son gabarit de six pieds quatre et 215 livres lui donne une présence physique. Son style non orthodoxe garde les tireurs sur leurs gardes. Son athlétisme permet des arrêts spectaculaires. Mais la qualité intangible qui le distingue, c’est la force mentale enrobée d’émotion visible.

Les séries approchent rapidement maintenant. Montréal a besoin de quelqu’un de fiable devant le filet. Montembeault a eu sa chance. Fowler représente l’avenir mais a besoin de plus de temps de développement. Le présent appartient à Dobes s’il le veut.

D’après la performance de mardi, il le veut définitivement. Les arrêts contre Hall et Stankoven en échappée ont montré du sang-froid sous pression extrême. Gérer cette situation de filet désert pendant quatre minutes a démontré une maturité au-delà de son niveau d’expérience.

St-Louis a mentionné comment Dobes a progressé énormément en apprenant à être un professionnel dans cette ligue. Cette courbe d’apprentissage continue à chaque match. La différence maintenant, c’est que Dobes semble confortable avec le processus plutôt que dépassé par celui-ci.

Les mots de Caufield continuent de résonner pour moi. Confiance et aplomb. Ces qualités ne s’enseignent pas facilement. Les joueurs les possèdent ou ne les possèdent pas. Dobes les a clairement, même quand le chemin devient rocailleux.

La saison montagnes russes rend son succès récent encore plus impressionnant. Rester sur le banc pendant cinq matchs consécutifs teste la patience de n’importe quel compétiteur. Revenir en force demande de la force mentale. Maintenir ce niveau de façon constante requiert quelque chose de plus.

Mardi soir au Centre Bell, ça ressemblait à un point tournant. Pas juste pour Dobes, mais pour toute cette organisation. Montréal a trouvé quelque chose dont elle avait désespérément besoin : un gardien qui croit en lui autant que ses coéquipiers croient en lui.

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