J’ai passé dimanche après-midi au Centre Bell à regarder quelque chose de vraiment spécial se dérouler. L’atmosphère était différente ce jour-là. Des partisans de hockey se regroupaient autour de l’entrée principale sur l’avenue des Canadiens-de-Montréal. Tout le monde sentait le poids de l’histoire s’installer sur le bâtiment.
Deux plaques de bronze ont été dévoilées cet après-midi-là. L’une honorait Maurice « Rocket » Richard comme personnage historique. L’autre commémorait la toute première partie officielle de hockey sur glace. Les deux cérémonies m’ont rappelé pourquoi Montréal demeure la maison spirituelle du hockey.
Maurice Richard est décédé il y a vingt-cinq ans ce mois de mai. Pourtant, son héritage continue de donner vie à cette ville. J’ai couvert d’innombrables histoires sportives durant ma carrière. Peu d’athlètes transcendent leur sport comme Richard l’a fait. Il n’était pas juste un joueur de hockey. Il est devenu un symbole de l’identité québécoise elle-même.
Mathieu Lacombe a pris la parole à la conférence de presse cet après-midi-là. Le ministre de la Culture et des Communications a choisi ses mots soigneusement. « Il a marqué non seulement l’histoire du hockey », a expliqué Lacombe, « mais aussi l’histoire de la nation québécoise. » Cette déclaration capte quelque chose d’essentiel à propos de la place de Richard dans notre mémoire collective.
Richard a gagné son surnom de « Rocket » grâce à sa vitesse explosive et sa détermination. Il a compté 544 buts durant sa carrière en saison régulière avec le Canadien. Il en a ajouté 82 de plus durant les séries éliminatoires. Ces chiffres demeurent le record de la franchise des décennies plus tard.
La saison 1944-1945 a montré Richard à son apogée absolue. Il est devenu le premier joueur de la LNH à marquer cinquante buts en une seule saison. Cinquante buts en cinquante matchs. L’exploit semble presque mythique maintenant. Les joueurs modernes poursuivent ce jalon avec des calendriers plus longs et des règles différentes.
La relation de Richard avec les partisans montréalais était profonde et passionnée. L’incident de suspension de 1955 a prouvé à quel point elle l’était. Le président de la LNH, Clarence Campbell, a suspendu Richard pour avoir frappé un arbitre. La punition a déclenché des émeutes à travers le centre-ville de Montréal. Des vitrines ont éclaté. Des voitures ont brûlé. La police a eu du mal à rétablir l’ordre.
J’ai parlé avec des Montréalais plus âgés qui se souviennent de cette soirée. Leurs voix portent encore de l’émotion quand ils la décrivent. Richard représentait quelque chose de plus grand que le hockey. Sa suspension ressemblait à une attaque contre la fierté canadienne-française elle-même.
Maurice Richard fils a assisté à la cérémonie de dimanche aux côtés d’autres membres de la famille. Son père a reçu la désignation officielle de personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. La désignation est devenue officielle le 25 mai 2025. Cette date marquait exactement vingt-cinq ans depuis le décès de Richard.
Le jeune Richard a parlé avec émotion du caractère de son père. « C’était un homme du peuple », a expliqué Richard fils. « Très proche de ses partisans. » Le Rocket n’a jamais vraiment saisi son impact culturel. Il répétait à sa famille que les gens l’oublieraient après sa mort.
« En haut, papa, tu peux reposer en paix », a dit Richard fils. « On ne t’oubliera pas! » Sa voix a légèrement craqué durant ces mots. Tous les présents comprenaient l’importance du moment.
Je me souviens d’avoir couvert les funérailles de Richard en mai 2000. Plus de 115 000 personnes ont défilé à travers la chapelle ardente du Centre Bell. La file s’étendait sur des pâtés de maisons. Jeunes et vieux attendaient patiemment pour rendre hommage. Cet élan a démontré l’importance durable de Richard pour Montréal.
La deuxième plaque dévoilée dimanche honorait un autre morceau crucial de l’histoire du hockey. Le 3 mars 1875 marque la date de la première partie officielle de hockey. Ce match a eu lieu au Victoria Indoor Rink sur la rue Drummond. L’emplacement se trouve dans le centre-ville de Montréal, pas loin du Centre Bell actuel.
Le ministre Lacombe a annoncé cette désignation le 3 mars 2025. Le moment célébrait le 150e anniversaire de cette partie historique. James G.A. Creighton était le capitaine d’une équipe. Charles E. Torrance dirigeait l’autre. Les deux hommes appartenaient au Victoria Skating Club.
La partie elle-même suivait des règles qui sembleraient étranges aujourd’hui. Neuf joueurs par équipe rivalisaient sur la glace. Une rondelle en bois remplaçait le disque de caoutchouc qu’on connaît maintenant. L’équipe de Creighton a gagné 2-1 cette soirée-là. Personne de présent n’aurait pu imaginer la portée mondiale future du hockey.
Cette première partie a déclenché des développements organisationnels qui ont créé le hockey moderne. Les règles ont été standardisées. Des ligues se sont formées. Le sport s’est répandu à travers le Canada et éventuellement le monde. Montréal est demeuré au centre de l’évolution du hockey durant ces décennies cruciales.
Isabelle Charest a assisté à la cérémonie de dimanche dans son rôle de ministre responsable du Sport. France Margaret Bélanger représentait le Groupe CH en tant que présidente des sports et du divertissement. Leur présence a démontré l’engagement gouvernemental et organisationnel à préserver l’héritage du hockey.
La Loi sur le patrimoine culturel a fourni le cadre légal pour les deux désignations. Le Québec a aussi adopté une législation reconnaissant le hockey sur glace comme sport national de la province. Ces lois reconnaissent l’importance culturelle du hockey au-delà du simple divertissement.
Le Centre Bell lui-même a eu trente ans cette année. La cérémonie de dimanche s’est connectée parfaitement avec ces célébrations d’anniversaire. Le bâtiment a ouvert en 1996 comme nouvelle maison du Canadien. Il a remplacé le bien-aimé Forum de Montréal où Richard a brillé durant ses années de joueur.
Je suis passé devant l’ancien emplacement du Forum sur l’avenue Atwater d’innombrables fois. Un cinéma et des magasins occupent l’espace maintenant. Mais les fantômes des légendes du hockey semblent encore s’y attarder. L’esprit de Richard certainement.
Les deux nouvelles plaques accueillent maintenant les visiteurs arrivant à l’entrée du Centre Bell. Les marqueurs de bronze fournissent un contexte historique pour les partisans assistant aux matchs. Les jeunes enfants peuvent apprendre sur les exploits de Richard. Les touristes découvrent le rôle central de Montréal dans les origines du hockey.
Ces commémorations importent pour des raisons qui s’étendent au-delà de la nostalgie. Elles ancrent le Montréal d’aujourd’hui à son passé. Elles nous rappellent que le sport peut porter une signification culturelle profonde. Elles préservent la mémoire pour les générations qui n’ont jamais vu Richard jouer.
La cérémonie de dimanche était digne mais chaleureuse de façon appropriée. Aucune parade excessive n’a distrait de la signification du moment. Juste des partisans de hockey honorant leur histoire à la manière typique de Montréal. L’événement mélangeait l’anglais et le français de façon transparente. Il reflétait la réalité bilingue de notre ville.
En quittant le Centre Bell cet après-midi-là, je me sentais reconnaissant. Reconnaissant que Montréal continue d’honorer son héritage hockey. Reconnaissant que la mémoire de Maurice Richard demeure vibrante. Reconnaissant qu’on se souvienne d’où ce sport adoré a commencé.