Ottawa explore des options de transport privé pour les zones rurales

Sara Thompson
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Ça s’est réchauffé jeudi à l’hôtel de ville quand les conseillers des secteurs ruraux ont poussé pour quelque chose qui ne s’est jamais fait à Ottawa. Ils veulent que des compagnies d’autobus privées aident à déplacer les gens dans les coins où OC Transpo se rend à peine.

David Brown représente Rideau-Jock, un district immense qui s’étend sur des terres agricoles et des petits villages. Il a déposé une motion demandant au personnel de la Ville d’étudier la possibilité de travailler avec des entreprises de transport privées. Son idée est simple : connecter les gens de places comme Manotick et Richmond aux plus gros hubs où OC Transpo roule vraiment.

Ça fait des années que je couvre les réunions du conseil, pis ce débat-là était différent. On sentait la frustration des deux bords. Les résidents ruraux se sentent oubliés pendant que le centre-ville reçoit toute l’attention en transport. Les travailleurs syndiqués s’inquiètent que leurs jobs disparaissent au profit de compagnies privées.

Brown a fait un point qui m’est resté. Son district couvre plus de territoire que toute la zone de service urbain d’OC Transpo. Pensez-y deux secondes. Un conseiller représente plus de territoire que le système de transport dessert dans le cœur de la ville.

Le problème de géographie n’est pas nouveau, mais personne n’a trouvé comment le régler. Les autobus coûtent cher à opérer, pis les secteurs ruraux n’ont pas assez de passagers par kilomètre pour que le service traditionnel fonctionne. C’est juste des maths, pas de la politique.

Jerry Pearson gère une compagnie de transport privée, pis il a dit aux conseillers que ça doit se faire maintenant. Il a dit que les résidents attendent des solutions, pas des études. Sa compagnie veut le contrat, c’est sûr, mais il a insisté que le besoin est réel peu importe qui fournit le service.

Je comprends son point. Roulez dans North Gower un matin de semaine pis vous allez voir des files de chars qui s’en vont vers la ville. C’est du monde qui prendrait l’autobus si y’en avait un.

Noah Vineberg dirige le syndicat qui représente les employés d’OC Transpo. Il est venu au comité avec une forte opposition à la motion de Brown. Il a argumenté que la livraison privée créerait de l’inégalité et de l’incohérence à travers le système.

Vineberg a dit qu’OC Transpo pourrait étendre le service rural si le conseil le finançait correctement. Il s’inquiétait qu’une fois que les compagnies privées mettent le pied dans la porte, le transport public commence à s’effriter. D’autres villes ont pris ce chemin-là pis l’ont regretté.

Ses inquiétudes sont pas sans fondement. Ottawa a déjà de la misère avec l’intégration du transport entre différents services. Ajouter des opérateurs privés pourrait rendre les choses plus compliquées, pas plus simples.

Les détails techniques comptent ici. Pat Scrimgeour travaille comme directeur des systèmes clients d’OC Transpo, pis il a expliqué que tous les nouveaux autobus zéro émission commandés sont des remplacements. C’est pas des véhicules d’expansion. La Ville ne planifie pas agrandir la flotte en ce moment.

Ça veut dire que même si le conseil voulait qu’OC Transpo s’étende dans les secteurs ruraux demain, ils pourraient pas. Les autobus existent pas pis existeront pas avant des années.

Brown a souligné le défi d’échelle que personne veut admettre. La densité de population chute dramatiquement quand on s’éloigne du cœur urbain. Les modèles de transport traditionnels dépendent de beaucoup de monde qui utilise la même route.

Les secteurs ruraux ont besoin de quelque chose de différent. Peut-être que c’est des plus petits véhicules qui roulent sur des horaires flexibles. Peut-être que c’est des partenariats avec des opérateurs privés existants. Peut-être que c’est quelque chose que personne n’a pensé encore.

La motion a passé sans opposition, ce qui m’a un peu surpris vu le débat. Même les conseillers qui auraient pu avoir des réserves semblaient prêts à au moins explorer l’idée.

Maintenant le personnel de la Ville va passer des mois à étudier la faisabilité, les coûts, pis les obstacles légaux. Les règlements d’Ottawa font actuellement d’OC Transpo le seul fournisseur de transport en commun autorisé dans la ville. Changer ça demanderait l’approbation du conseil pis probablement des conversations difficiles.

La révision du modèle de financement compte autant que la question du partenariat privé. Le transport rural reçoit moins d’argent par résident que le service urbain. Certains conseillers argumentent que c’est injuste, pendant que d’autres disent que ça reflète les patterns d’utilisation.

J’ai parlé à une femme à Munster le mois passé pendant que je couvrais une autre histoire. Elle m’a dit que sa fille avait dû refuser une job au centre-ville parce que s’y rendre sans char était impossible. C’est ça le coût humain d’un transport rural inadéquat.

Le conseil municipal va débattre cette motion le 8 avril. Attendez-vous à ce que le syndicat se présente en force avec des inquiétudes sur la privatisation. Attendez-vous à ce que les résidents ruraux demandent de l’action après des années à se faire dire d’attendre.

La tension sous-jacente va pas disparaître peu importe ce que le conseil décide. Ottawa continue de grandir vers l’extérieur, poussant le développement dans des secteurs où le transport existe pas. Ça crée une dépendance à l’auto, qui crée du traffic, qui crée de la pression pour construire plus de routes.

Briser ce cycle demande des solutions créatives. Peut-être que les partenariats privés font partie de la réponse. Peut-être qu’ils sont une distraction d’un financement adéquat du transport public. Probablement que la vérité se trouve quelque part entre les deux.

Ce qui me frappe le plus, c’est comment ce débat reflète des questions plus larges sur quel genre de ville Ottawa veut être. Est-ce que les secteurs ruraux méritent le même accès au transport que les quartiers urbains, même si ça coûte plus cher par passager? Est-ce que les services publics devraient jamais impliquer des compagnies privées? Comment on balance les contraintes budgétaires avec l’équité des services?

La motion de Brown répond pas à ces questions, mais elle force le conseil à les confronter. Des fois c’est comme ça que le progrès commence, avec des conversations inconfortables qui challengent les vieilles assumptions.

Le vote du comité était unanime, mais le vrai combat a pas encore commencé. Attendez que le conseil débatte ça dans quelques semaines avec tous les projecteurs médiatiques pis une galerie pleine. C’est là qu’on va voir si les conseillers sont sérieux à propos du transport rural ou s’ils cochent juste une case.

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